En Malaisie, à l’approche des élections, des acteurs ont utilisé l’intelligence artificielle pour diffuser massivement de fausses nouvelles. Selon Dominique Caouette, l’entreprise Anthropic elle-même est intervenue pour signaler que son moteur Claude avait été utilisé de manière frauduleuse. L’outil aurait analysé les données électorales de millions de personnes dans les 222 districts du pays, créé des centaines de faux comptes et produit des contenus ciblés dans plusieurs langues, dont des vidéos truquées de candidats et de fausses nouvelles signées de noms d’agences de presse existantes. Le compte du premier ministre aurait aussi reçu près d’un million de fausses vues. Ces attaques visent des sujets polarisants (race, religion, rôle de la royauté), ce qui menace d’amplifier les distorsions en contexte électoral. Caouette compare l’IA à l’arme nucléaire : il faut des protocoles et une régulation, et les sociétés doivent développer un regard critique, d’autant que ces outils peuvent apprendre et contourner leurs limites sans intervention humaine.
En parallèle, le sommet des BRICS, tenu en Inde en présence de Poutine, de Xi Jinping et de Narendra Modi, confirme la consolidation d’un bloc d’économies émergentes du Sud. Formé en 2010 et élargi depuis à l’Égypte, à l’Éthiopie, à l’Indonésie, à l’Iran et aux Émirats arabes unis, il représente près de la moitié de la population mondiale. Il se veut une alternative au bloc occidental et aux institutions de l’après-guerre. Les membres ont signé une déclaration unanime de 140 paragraphes et cherchent à réduire leur dépendance au dollar américain en créant un système parallèle au système SWIFT. L’Inde, qui maintient des liens avec les États-Unis et l’Union européenne, se positionne comme la voix du Sud global. Dans un contexte d’imprévisibilité américaine, les blocs se réorganisent.
Épisode enregistré le 17 septembre 2026


