Le Canada mise sur le gaz naturel liquéfié en Asie

Dans le contexte de la guerre tarifaire lancée par Donald Trump, le Canada cherche à diversifier ses clients, notamment en Inde et en Chine. Le professeur Dominique Caouette (Université de Montréal) commente le grand projet de cette stratégie : une coentreprise réunissant Shell Canada, Petronas, PetroChina, Mitsubishi et Kogas, qui doublerait la capacité d’exportation de gaz naturel liquéfié du Canada. Elle suppose la construction d’un gazoduc de l’Alberta vers Burnaby, près de Vancouver, financé à parts égales par Ottawa et l’Alberta pour 35 à 44 milliards de dollars. Le gouvernement Carney en fait un projet d’intérêt national, qui rapporterait environ 20 milliards de dollars par année, avec des contrats d’approvisionnement jusqu’en 2060.

Le projet soulève toutefois des questions. Le secteur privé s’est tenu à l’écart du gazoduc en raison de l’opposition des Premières Nations, des groupes environnementaux et du gouvernement de la Colombie-Britannique, et plusieurs doutent de la durabilité d’un tel investissement à l’heure de la transition énergétique. Caouette y voit néanmoins une logique économique : la Chine et l’Inde, grandes consommatrices d’énergie, sont les principaux acheteurs, et le projet permet au Canada de s’imposer en Asie, où des partenaires rivaux comme la Chine et le Japon collaborent sur le plan énergétique. Les retombées promises restent à vérifier dans les prochaines années.

Épisode enregistré le 15 octobre 2026

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